ALAS, une bataille pour une famille planifiée au Guatemala

Dans les bureaux de l’ONG ALAS à Antigua, je rencontre trois femmes qui travaillent pour cette organisation et qui défendent le planning familial et l’accès à la santé reproductive au Guatemala.

Tout d’abord, avant d’expliquer ce que font ces femmes et cette ONG, je vais me pencher sur le pays et sa situation. Le Guatemala se remet à peine d’une guerre civile qui a ravagé le pays. C’était il y a 10 ans, les habitants en sont toujours marqués. Normal. Pendant mon voyage, plusieurs personnes me rappelleront qu’ils ont vécu la guerre et la dictature dans une violence quotidienne.

Au niveau économique, il y a deux vitesses. Les grandes villes du pays, se développent au rythme de leur voisin américain avec chaînes de fast food et panneaux publicitaires jalonnant les rues. Quelques kilomètres plus loin, à la campagne, les indigènes en costumes traditionnels irriguent leurs champs à la manière maya. Deux mondes s’entrechoquent.

En milieu rural, le niveau d’éducation est faible et l’accès à la santé est difficile, c’est pour cela que l’ONG ALAS se concentre sur certains départements. Dans la zone de Alta Verapaz, la plus pauvre (90% indigène), le taux d’alphabétisation des femmes est de 49%, versus 74% chez les hommes, selon l’Instituto Nacional de Estadisticas.

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Megan et Shilpa, en charge de la communication de l’ONG me donnent quelques données pour renforcer la légitimité de leurs actions. Au Guatemala, une femme enceinte a 67 fois plus de chance de mourir qu’aux Etats Unis. Autre statistique alarmante, les 20% de la population les plus pauvres ont en moyenne 8 enfants alors que les 20% les plus riches ont en moyenne 2,4 enfants. Pire encore, selon Unicef, en 2012, 1 naissance sur 5 est donnée par une mère de moins de 18 ans.

Alas se concentre donc sur la prévention sexuelle, l’éducation et le planning familial en fournissant instructions et contraceptifs dans les zones les plus reculées du pays. Cela peut paraître bizarre qu’une ONG ait pour but de faire baisser le taux de natalité d’une région mais quand on sait que la moitié des enfants du Guatemala sont atteints de malnutrition chronique (unicef,2009) et que seuls deux pays battent ce triste record (Yemen, Afganistan), alors le travail de l’ONG prend tout son sens.

IMG_5998Les femmes d’Alas m’expliquent qu’une famille doit être pensée et réfléchie, spécialement si les familles sont pauvres. « C’est le devoir des parents de pouvoir fournir un hébergement, de la nourriture et une éducation aux enfants. S’ ils n’en sont pas capables alors il faut leur apporter des solutions pour qu’ils planifient leur famille » m’explique Megan.

Pour encourager les femmes indigènes, non éduquées et qui souvent ne parlent pas Espagnol, l’association qui travaille en collaboration avec le ministère de la santé, a mis en place un système de « femme-relais » locale. Le Guatemala compte 23 langues indigènes. Dans chaque communauté où l’ONG travaille, le relais local est là pour suivre les femmes de la communauté et les aider. Les « femmes-relais » volontaires sont formées par ALAS sur la santé et l’éducation sexuelle dans le but qu’elles enseignent leur savoir aux femmes de la communauté. Il y a au total 102 femmes-relais à travers le pays. Ana Lucia, employée de l’ONG que je rencontre aussi, a pour rôle de gérer la relation avec certaines d’entre elles dans sa région native.

L’ONG travaille aussi avec la jeunesse pour les éduquer au niveau de la sexualité. Le taux de natalité chez les adolescentes est important et les abus sur mineur sont un réel problème dans ce pays. C’est d’ailleurs lors d’un de ces programmes de prévention dans un lycée qu’Ana Lucia a connu l’ONG, il y a plusieurs années.

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Des mineures, un bébé sur le dos, j’en verrais beaucoup pendant mon voyage autour du Guatemala. Je ne suis donc pas surprise quand j’apprends que le pays est très jeune (41% de la population <15ans vs 13% aux USA).

ALAS a encore beaucoup de travail, les différentes statistiques sur le pays le montrent. J’ai parcouru le pays d’Ouest en Est et ce qui m’a le plus choquée ce sont tous ces enfants dans les rues qui travaillent et ces jeunes mères qui parfois ont à peine quinze ans. Je me demande bien quel avenir peuvent-ils avoir dans un pays ancré dans la violence et où les femmes sont souvent les premières victimes?

ALAS a besoin de financement, l’Amérique centrale n’étant plus considérée comme une zone prioritaire par les grandes institutions. Vous pouvez les aider en un click : http://www.wingsguate.org/

De même, si vous voulez connaître un peu plus le travail de cette organisation au Guatemala, je vous recommande ce documentaire réalisé par Charlene Music & Peter Jordan qui montre le merveilleux travail des partenaires de terrain d’ALAS traversant le pays pour combattre le droit à la reproduction et ses libertés.

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http://vimeo.com/61691613

Dans un prochain article, l’histoire d’Ana Lucia…

In the offices of the NGO ALAS in Antigua, I met three women working for the organization that promotes family planning and access to reproductive health in Guatemala.

First, before I explain what these women and the NGO are doing, I want to talk about the country situation. Guatemala is still recovering from a civil war that ravaged the country. That was 10 years ago, people are still marked. Normal. During my trip, many people remember me they experienced the war and dictatorship, in a daily violence.

At the economical level, there is two worlds. Major cities of the country, expanding at similar pace of their American neighbor with fast food chain and billboards filling the streets. And, few miles away in the countryside, people in traditional costume irrigating their fields to the Mayan way. In rural areas, the level of education is low and access to health care is difficult, this is why the NGO ALAS is now focusing on the area of ​​Alta Verapaz, the poorest (90% native). In this region, for example, the female literacy rate is 49%, versus 74% of men, according to the Instituto Nacional de Estadisticas. Megan and Shilpa, in charge of the communication of the NGO gives me some data to enhance the legitimacy of their action. In Guatemala, a pregnant woman is 67 times more likely to die than in the United States. Another alarming statistic, 20% of the poorest population have on average 8 children while 20% richer have on average 2.4 children. Aven worse, according to UNICEF, in 2012, 1 in 5 birth is given by a mother under 18 years.

Alas therefore focuses on sexual prevention, education and family planning by providing instructions and contraceptives in the most remote areas of the country. It may seem strange that an NGO is intended to reduce the birth rate of a region but when we know that half of Guatemalan children suffer from chronic malnutrition (UNICEF, 2009) and only two countries are bitting this sad record (Yemen, Afghanistan), then NGOs work makes sense.

Alas women explained to me that a family should be thought and especially if families are poor. « It is the duty of parents to provide shelter, food and education for children. If they are not capable, then we must provide them with solutions to plan their families, « explains Megan.

To encourage indigenous women that are uneducated and that do not speak Spanish, the association, which is working with the Ministry of Health, has established a system of local « woman relay. » Guatemala has 23 indigenous languages​​. In each community where the NGO works, the local relay has to follow women in the community and help them. « Women-relay », who are volunteers, are trained by ALAS on health and sex education. There are a total of 102 women relay. Ana Lucia, an employee of the NGO that I meet also, has the role of managing the relationship with 18 of them in her native region.

The NGO also works with youth on sexual education. The birth rate among adolescents is important as well as sexual abuses. It is during one of these programs that Ana Lucia has known the NGOs few years ago. During my trip around Guatemala I would see lot of minors with carrying a baby on their back. I am therefore not surprised when I learn that the country is very young (41% of the population <15 years vs 13% in the USA).

ALAS has a lot of work, various statistics on the countries shown it. They need funding, Central America is no longer seen as a priority area by large institutions. You can help in one click:  http://www.wingsguate.org/

Similarly, if you want to know a little more work of this organization in Guatemala, I recommend this documentary by Charlene Music & Peter Jordan showing the wonderful work of partners across the country —    http://vimeo.com/61691613