Brésil et paradoxe

Vialdirene, sa sœur et une amie

Au Brésil, mon voyage se complique. Je ne parle pas Portugais alors pour parler avec les femmes que je rencontre ce n’est pas toujours facile. Je suis dans la région de la Chapada Diamantina, à 6h de bus à l’Ouest de Salvador de Bahia. La région est connue pour ses paysages spectaculaires, « l’une des plus belle du Brésil », se vantent les Bahianais.

Entourée de montagnes recouvertes de bananiers et de cacaoyers, cela fait deux jours que je marche dans la Vale Do Pati accompagnée d’un guide qui nous* montre le chemin dans cette jungle. Nous passons notre deuxième nuit dans la maison de Vialdirene. La maison est entourée de plantations et rien d’autres. Le seul moyen d’arriver chez elle est à pied ou à dos d’âne. Le village le plus proche est à 3-4h de marche, tout dépend du rythme mais aussi des conditions climatiques.

Vialdirene vit depuis toujours dans cette maison, ses parents la lui ont laissée quand ils sont partis vivre au village pour des raisons médicales. Accompagnée de sa petite sœur et d’une amie, sa vie est rythmée par l’entretien de la maison, la cuisine et l’accueil des trekkeurs qui arrivent exténués de leurs journées de marche. Pour une jeune femme de trente ans qui croise presque toutes les semaines des gens du monde entier, elle n’est pourtant jamais sortie de la vallée. Quand je lui demande si elle connaît la ville la plus proche, elle me regarde étonnée de ma question, comme si elle ne voyait pas l’intérêt.

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Elles vivent à 3 dans cette maison mais elles reçoivent régulièrement la visite de leurs frères ou amis, qui parfois y passent la nuit. D’ailleurs, le soir où je suis là, ces hommes dont je ne comprends pas s’ils sont tous de la famille, organisent un boeuf musical dans la cuisine. Ils boivent, jouent et chantent. Les femmes, elles, sont plus discrètes et observent en souriant.

Quel contraste avec Salvador ! Là-bas, la musique bat son plein dans les rues, et les filles en petite tenue se remuent sur le rythme de la Samba. La sensualité brésilienne n’est pas un mythe, chez les femmes et chez les hommes. Ici on s’embrasse… et après on voit si on se plaît ! Dans ce hameau de la Vale do Pati, les femmes sont plus casanières, aucune ne dansera ce soir-là.

Vialdirene est une femme indépendante pour la région. Normalement au Brésil les femmes de classe populaire se marient tôt et ont un taux de natalité élevé. Vialdirene est toujours célibataire et cela ne lui pose pas de problème. D’ailleurs financièrement, grâce à l’accueil des touristes, elle est autonome.

C’est le cas de plus en plus de femmes ; le Brésil est plein de paradoxe. Alors qu’ une femme sur quatre est victime de violence conjugale, ce pays « macho » vu de l’occident, a un taux de femmes entrepreneures qui atteint 49,6% (source : The Global Entrepreneurship Monitor 2012). L’entreprenariat est la solution des brésiliennes pour trouver un équilibre entre vie privée – vie professionnelle. Un exemple que nous devrions suivre car en France le taux est aujourd’hui à seulement 30%! (source : ministère des droits des femmes)

* Je suis accompagnée d’une argentine et d’une brésilienne rencontré quelques jours plus tôt.

In Brazil, my journey becomes more complicated. I do not speak Portuguese so to speak with the women I meet is not always easy. I am in the area of the Chapada Diamantina, a 6h bus drive west of Salvador de Bahia. The area is known for its spectacular scenery, « one of the most beautiful in Brazil, » boast the Bahian.

Surrounded by mountains covered with banana and cocoa trees, it’s been two days that I walk in the Vale do Pati accompanied by a guide who shows us the way * in this jungle. We spend our second night in the house of Vialdirene. Her house is surrounded by plantations and nothing else. The only way to arrive there is on foot or by donkey. The nearest village is 3 -4hrs walk, depending on the pace but also the climatic conditions.

Vialdirene has always lived in this house, her parents left when they went to live in the village for medical reasons. Accompanied by her sister and a friend, her life is punctuated with home maintenance, cooking and home trekkers arriving exhausted from their days walking. For a young woman of thirty years old that meets almost every week people from around the world, she has never been out of the Vale. When I ask her if she knows the nearest town, she looks at me surprised of my question, as if she did not see the point.

They live in this house at 3 but they receive regular visits from their brothers or friends who sometimes spend the night. In fact, the night I ‘m there, these men – who I do not know if they are all relatives-, organize a music buff in the kitchen. They drink, play and sing. Women are more discrete and watch, smiling. What a contrast with Salvador! There, the music is loud in the streets, and girls in small outfits move their body on Samba rhythms. Brazilian sensuality is not a myth! Here we kiss … and then we see if we like each other. In this hamlet in the Vale of Pati, women are more homebodies, none will dance that evening…

Vialdirene is an independent woman for the region. Normally the lower classes in Brazil get married early and have a high birth rate. She is still single and it’s no problem for her. Besides, she is financially autonomous, thanks her reception of tourists.

This is the case of more and more women, Brazil is full of paradox. When one in four women is a victim of domestic violence, a « macho » country has a woman entrepreneur rate reaching 49.6 % (source : The Global Entrepreneurship Monitor 2012). Entrepreneurship is the solution of Brazilian women to find a balance between privacy & professional life. An example that we should follow because in France the rate is now only 30 % ! (source: Ministry of Women’s Rights)